Lundi 4 août, après avoir à nouveau tout empaqueté et s'être chargé comme des mules, nous voilà partis en direction du Bush street à travers Chinatown, pour aller récupérer la voiture de location à l'agence. Pour quiconque irait aux États-Unis, je recommande Alamo qui nous a fourni une super Toyota Yaris. Le seul problème a été de faire la queue pendant 2 heures, mais c'était parce qu'un des gars du comptoir débutait. Une fois n'est pas coutume, les gens devant et derrière nous étaient français, à croire qu'on avait envahi les USA cet été.
Une fois passé le stress du début, c'est-à-dire apprendre à gérer une boîte de vitesse semi-automatique, se déplacer dans une grande métropole, comprendre une signalisation étrangère et trouver de l'essence, il n'y avait plus qu'à conduire sur ces grandes autoroutes toutes droites à 6 voies parfois. Je rassure tout le monde, on n'a eu aucun soucis, c'est très facile de conduire en Amérique, même si on n'a pas de voiture en Angleterre les automatismes reviennent tout de suite. Après avoir traversé le sud de San Francisco, en particulier la Silicon Valley dont on n'a pas vu grand chose, on a vite rejoint Highway 1, une "petite" route qui serpente le long de la côte californienne à partir de Los Angeles environ et qui s'arrête au nord de San Francisco où elle rejoint la 101. Je dis "petite" parce que la route n'a qu'une voie dans chaque sens, mais la route est très bien entretenue, c'est pas un chemin de terre. Cette autoroute est très réputée, à juste titre selon nous, pour la vue magnifique sur l'océan et surtout sur la côte montagneuse très découpée. J'avoue qu'on s'est fait quelques frayeurs en passant sur des ponts suspendus au dessus du vide, et la plupart du temps la route serpentait très près du bord de la falaise, ce qui offrait de bonnes sensations au passager de droite (surtout quand il n'y avait pas de rambarde de protection). Comme je l'ai dit, c'était une route de montagne, donc il faisait froid, il y avait beaucoup de vent et une alternance de fog et de soleil. On s'arrêtait fréquemment aux Vista Points, des petites aires plus ou moins aménagées pour prendre des photos, le but étant de courir prendre des photos avant que le fog revienne, voire même réussir à demander à des gens à nous prendre en photo avant d'être frigorifié et étourdi par le vent, puis de courir à nouveau vers la voiture pour se mettre à l'abri.
Le climat et le découpage de la côte explique que ce soit une des rares zones du littoral complètement désertes. Quelques hippies et des écrivains solitaires ont bien tentés de s'y installer dans les années 70, mais la zone est trop coupée du monde et ils sont vite retournés à la "civilisation". Big sur n'est pas le non d'un lieu particulier, même s'il y a un point sur la carte, il s'agit plutôt d'une zone côtière, Point Sur étant une jolie petite plage inaccessible qu'on peut seulement prendre en photo. Il y a malgré tout quelques campings et un "village" qui consiste en une station service et quelques magasins où on vend surtout le nécessaire de survie ainsi que quelques souvenirs.
Le camping où on est resté était génial: au milieu de la nature, les emplacements aménagés au milieu des Redwoods, les plus grands arbres du monde (les séquoias sont les plus volumineux), c'était vraiment idyllique et on rêve d'y retourner. Après avoir monté la tente, ce qui est toujours une aventure surtout quand il faut planter des sardines dans un sol rocailleux avec un petit maillet en plastique jaune, on est allé se baigner dans la rivière, à deux pas de notre emplacement, une rivière à l'eau un peu fraîche mais claire, translucide. Mymy a eu la bonne idée de louer une grosse bouée et on s'est éclaté pendant 3 quarts d'heure à se laisser emporter par le courant. On a aussi bien nagé, c'était très agréable.
Le soir il a fallu faire à manger, et c'est là que l'épopée du réchaud continue. On avait réussi à trouver un bidon d'alcool qui nous convenait à peu près, mais quand il a fallu verser le contenu dans le réchaud, avec un bidon sans goulot, et sans entonnoir, ça a été la catastrophe! On s'en mettait partout, l'alcool giclait dans toutes les directions sauf bien entendu dans le réchaud, si bien qu'après s'en être servi une fois pour faire cuire les pâtes on a donné le bidon aux gars du camping le lendemain matin. Le bidon n'avait pas un bouchon très rassurant, on avait peur de mettre le feu partout dans les bois ou dans la voiture, bref c'était vraiment pas pratique. On s'est donc décidé à acheter du charbon et des buches pour faire un feu de bois, comme la majorité des gens du camping. On a mis un certain temps à faire un bon feu mais grâce à l'aide des voisins qui nous ont donné une buche chaude parce qu'ils partaient, on a réussi et une fois qu'on avait fait un bon feu il suffisait de remuer un peu les braise et pouvait le redémarrer. On est devenu complètement gaga, fasciné par le feu, on arrêtait pas de s'en occuper. C'est vrai que c'est très agréable surtout quand les soirées sont fraîches. Par contre, on aurait dû acheter de la nourriture à faire au barbecue parce que faire chauffer des pâtes ou du thé ce n'était pas l'idéal. Mais les croques-monsieur étaient délicieux!