Ce parc national porte vraiment bien son nom. On est arrivé au camping après une très longue route en passant par Bakersfield pour faire les courses. On ne savait pas si on pourrait trouver à manger ou à boire dans le parc, encore moins de l'essence. A Bakersfield on aurait très bien pu se croire au Mexique tellement la population hispanique était dominante. Tous les panneaux et les affiches étant écrits en anglais et en espagnol, comme dans le reste de la Californie, mais là je dirais que l'espagnol était encore plus présent. On a beaucoup aimé le peu qu'on en a vu, mais on n'avait pas trop le temps de traîner, il fallait repartir pour arriver au parc à temps.
A 4 h de l'après midi on s'est retrouvé à essayer d'installer la tente sur notre carré de poussière à l'abri d'arbustes tout secs, en luttant contre une chaleur accablante. On venait juste de payer pour notre emplacement de l'autre côté de la route, dans le mini-centre commercial dont le principal attrait était la clim', le reste était hors de prix. On peut comprendre les commerçant: la concurrence la plus proche se trouve à des kilomètres, ils peuvent bien faire payer le prix qu'ils veulent, mais quand même, un gallon d'essence à $5.89 alors qu'elle coûte, au pire, dans les $4.50 dans les stations les plus chères, ça fait mal. Heureusement qu'on avait été prévoyant, on avait fait le plein pas trop longtemps avant. En revanche, on a été obligé de manger des cheeseburgers à $14 dollars l'un, le double du prix dans un restaurant de qualité, alors qu'on était dans un bouiboui familial au milieu des cactus. On a payé en serrant les fesses et on a commencé à penser à l'achat d'un nouveau réchaud, à gaz cette fois-ci, comme on en avait vu à Bakersfield. Pas de regrets toutefois de ne pas l'avoir acheté avant, la bouteille de gaz n'aurait pas survécu au 50° de la vallée (elles explosent au delà de 47°).
Il ne faisait peut-être que 38° à 16h-17h au camping, mais c'était déjà difficile à supporter en plein cagnard, sans ombre autre que les toilettes ou la tente où on avait l'impression d'entrer dans une serre. La seule solution était de passer du temps dans le magasin climatisé à ne rien acheter.
Le lendemain, après une nuit de somnolence dans une chaleur épouvantable, on a été plus ou moins tiré de notre léthargie par les quelques touristes qui se trouvaient au camping: un couple de Belges ou de Français du Nord, 2 italiennes, et quelques aventuriers solitaires dont un avait renoncé à installer sa tente seul au milieu de la nuit et avait dormi dans la voiture. On était que 3 pelés et un tondu à avoir une tente parmi la petite dizaine de touristes présents. Ils partaient tous dans l'autre sens, comme d'habitude on avait choisi de faire le trajet à l'inverse de tout le monde, d'ouest en est, en sortant pas l'entrée. Akuna Matata, on assume notre différence.
Le réveil à 5h s'est avéré judicieux mais il a fallu attendre 7h pour aller acheter des boisson fraîche au magasin. On avait déjà fait le plein, environ 8 litres en comptant 2 bouteilles remplies de glace, mais avec la température l'eau était déjà chaude, la glace presque fondue, même l'eau dans la glacière n'avait pas tenu. On a donc investi dans une bouteille de Gatorade bien fraîche. C'est ce qu'il y a de mieux à
boire contre la déshydratation car c'est bourré de sels minéraux, il y
en a plus que dans l'eau minérale. Et c'était pas de trop.
La Vallée de la Mort est très étendue du nord au sud, mais pas si large que ça et la traversée peut se faire en un matinée. Mais comme le matin il fait déjà extrêmement chaud, je pense qu'il est conseillé de partir encore plus tôt que nous, 7 h c'est pas assez. Au bout d'une demie-heure à peine tous les voyants de la voiture se sont allumés, on ne savait pas trop quoi faire alors on s'est arrêté à la première "station", Stovepipe Wells Village, un parking entouré d'un magasin de souvenirs et de produits indiens (native american) et d'un petit motel miteux. On a discuter avec une famille française qui nous a rassuré en nous disant que ça vérifiait juste l'état du moteur, qu'il y avait pas (encore) de problèmes et qu'avec une voiture aussi moderne et toute équipée on ne risquait rien. On est entré dans le magasin où on a acheté un Dream Catcher puis on est parti.
Tout le long du trajet, on buvait environ 1 à 2 litres par heure, en grignotant des trucs salés comme conseillé pour pas s'intoxiquer à l'azote, ce qui arrive quand on boit trop d'eau sans manger. C'est un réel besoin physiologique de boire autant, on à l'impression que l'eau de notre corps s'évapore à vue d'œil et en sortant quelques instant à peine pour marcher dans les dunes de sable non loin de Stovepipe et prendre quelques photos, on a cru s'être déshydraté. On roulait encore avec la clim' qu'on avait mise au minimum, à savoir qu'il interdit ou disons fortement déconseillé de la laisser allumée pendant le trajet, elle fait surchauffer le moteur.
Les dunes de sable étaient belles, le plus frappant s'est qu'elles soient délimitées aussi précisément. C'est un peu comme ça pour tous les phénomènes de la vallée: ils apparaissent comme des mirages au milieu de nulle part, puis quelques minutes de route plus tard on ne les voit plus et le paysage redevenu comme avant. En suivant toujours la highway 190, on est passé par le Devil's Cornfield, un bout de terre défoncée parsemée de touffes de végétation, puis par Mustard Canyon, des rochers tous jaunes, avant de faire un petit détour par un ancien ranch à l'abandon où on exploitait le Borax, une substance tirée des mines locales qui se rapproche de la soude et qui a servi à produire du savon, de la lessive, du dentifrice etc. Le trajet pour aller la chercher était épique et c'est même devenu un lieu de "pèlerinage" touristique qu'on n'a pas fait parce qu'on mourait de chaud et que le chemin de terre de 20 miles n'aurait pas réussi à la voiture.
Au lieu de ça, on s'est empressé d'allé à Furnace Creek, une oasis au sens propre du terme, où se trouve un terrain de golf, des champs de dattes un supermarché, des restaurants et même une poste! Un village au milieu de nulle part. Ça se trouve pas loin de l'entrée du parc qui pour nous est devenu la sortie, on y est resté des heures à attendre que les 45° retombent un peu, ce qui est stupide puisqu'il était seulement 11h et que ça ne faisait que commencer à chauffer. On a décider de rester encore plus longtemps au "frais" disons à l'ombre, en allant de temps en temps se rafraîchir dans le magasin climatisé pour acheter à manger des fruits et légumes hors de prix, mais on ne pouvait rien avaler d'autre. Si, une boîte de Pringles quand même, il faut pas exagérer.
On était bien décidé à aller directement au motel, 37 miles à l'est de la vallée, pour se mettre à l'abri et laisser la voiture se reposer. On avait peur qu'elle surchauffe, elle faisait des bruits bizarres, les voyants clignotaient à chaque fois qu'on s'arrêtait. La chaleur nous avait coupé l'envie de visiter quoi que ce soit. On est donc remonté à bord, direction le motel à Death Valley Junction.