Il faisait vraiment très chaud, et on a d'autant plus apprécié la pause à Indian Garden. Mymy en a même profité pour se tremper les pieds dans la rivière. Les premiers touristes à dos de mules commençaient à arriver, beaucoup prenait le temps de bien récupérer avant la remontée, qui dure en général le double de la descente, et nous on était en pleine forme et motivé pour le retour.
Au bout de quelques centaines de mètres, ça a toutefois commencé à être dur pour la petite Mymy. On a fait plus de pauses, bu plus fréquemment, profité des coins d'ombre sous les rochers - de plus en plus rares - tout en évitant soigneusement les groupes de touristes toujours plus nombreux. En effet, plus on montait, plus il y avait de gens qui descendaient, alors qu'il était déjà tard dans la matinée, et que le canyon allait se transformer en fournaise. La poussière ocre de la piste nous recouvrait maintenant entièrement les jambes, et plus on transpirait, plus ça nous collait à la peau. On était accompagné d'un certain nombre de randonneurs dont quelques familles françaises, et surtout un groupe de boyscouts très sympa. Tout ce petit monde se croisait, se dépassait se rattrapait selon l'endroit où on s'arrêtait pour se reposer, mais on ne faisait pas la course, on allait chacun à notre allure. C'était de plus en plus dur pour Mymy, mais elle s'est accroché jusqu'au bout et elle s'en est très bien sortie.
Alors qu'on était à une heure environ du sommet, il a commencé à y avoir de l'orage, et tous ceux qui étaient descendu en fin de matinée ont été contraints de rebrousser chemin. Le condor californien ne semblait pas s'en inquiéter, il vient juste d'être réintroduit dans le nord de l'Arizona et sa population prolifère à nouveau, comme il y a 150 ans. La fin du trajet a été difficile pour tous les deux, les mollets commençaient à tirer et chaque fois qu'on pensait être au bout, ça recommençait à monter et à faire des virages. Une fois en haut, on avait bien mérité une glace et un cookie.
On est ensuite monter dans une navette en direction du camping, et là on a atteint des sommets d'incivilité, mais j'arrête avec ça, c'est pas si important après tout, si ce n'est pour l'image de la France à l'étranger qui se dégrade encore un peu. Une bonne douche bien méritée et un bon thé en écrivant des cartes postales, puis le soir on est allé voir le coucher de soleil à un autre point de vue. C'était toujours aussi bondé, et toujours aussi impressionnant. Après une bonne assiette de pâtes cuites en 2 temps 3 mouvements sur notre super nouveau réchaud, on s'est fait un plaisir de finir toutes nos buches et toutes les buchettes de charbon dans un énorme feu de joie qui a duré des heures et où on s'est fait grillé des marshmallows sur des pics en bois. C'était notre dernière soirée au Grand Canyon avant de reprendre la route pour le Hualapai Lodge et Supai, et là, ça devient croustillant.