Dès le lendemain matin, départ à la fraîche pour une longue randonnée à travers le parc des Séquoias. Mais avant la randonnée, il y avait une quarantaine de miles à faire en voiture à 20 miles / heure sur une route très étroite au bord de la falaise. Cette fois Myrtille était au volant, et elle a pu se venger des frayeurs que je lui avais faites sur la route de Big Sur!
2 heures de route pour faire 40 miles, on avait décidé d'aller se garer à un endroit clé d'où partent plusieurs courtes randonnées dans Giant Forest, là où l'on trouve les arbres les plus volumineux du monde (pas les plus hauts, les Redwoods de la côte - à Big Sur par exemple - sont plus grands, ni les plus vieux, c'est une autre espèce qui vit aussi en Californie) et dans la plus forte concentration au mètre carré. On a fait 2 randonnées, celle qui va jusqu'au Général Sherman, plus gros arbre du monde, et une deuxième qui s'appelait Congress Trail, un peu plus longue et plus "accidentée". J'emploie des guillemets parce que les pistes sont tellement bien aménagées que n'importe qui pourrait les emprunter, tout est fait d'ailleurs pour accommoder les personnes handicapées et les personnes âgées.
On a adoré les balades au milieu d'arbres millénaires, les séquoias, tous plus gros les uns que les autres, avec leur écorce rouge qui crée une ambiance spéciale dans la forêt, calme, sauvage. On a l'impression de vraiment se ressourcer, si on arrive à faire abstraction des c**s de touristes qui se bousculent bruyamment pour prendre des photos. C'est d'autant plus agaçant que le parc a des zones aménagées spécialement pour qu'un grand nombre de touristes puissent prendre des photos en même temps, ce que Mymy a bien fait comprendre aux indisciplinés, surtout des Russes et de Italiens cette fois (peu de Français). Beaucoup l'ont remerciée pour sa bonne action d'ailleurs! Une vraie prof qui garde son calme et organise tout bien comme il faut.
Les plus gros Séquoias ont été nommés Congrès ou Sénat quand ils formaient de petits bosquets, ou bien comme pour le Général Sherman, d'après des héros de la Guerre de Sécession. C'est lié à l'époque à laquelle le lieu est devenu parc national, grâce au combat de John Muir, un des tous premiers écolos, qui est devenu depuis une légende, et c'est aussi dû au fait que le parc était protégé par la garde nationale, des militaires qui ont donné des noms militaires aux arbres.
Après avoir pris de nombreuses photos d'arbres plus impressionnants les uns que les autres on s'est dirigé vers le village où on est allé à une petite expo sur l'histoire des séquoias, comment le parc est conservé à l'état naturel, les erreurs qui ont été faites par le passé, etc. Il y avait pas mal d'explications sur les feux de forêt et leur rôle bénéfique dans la régénération de la forêt quand ils sont contrôlés un minimum. Ils permettent aux pommes de pin de libérer leur graines etc... Ensuite on a enchaîné avec le vrai gros musée où il y avait encore plus d'explications sur tout ce qui est lié au parc.
Toujours en revenant sur nos pas, on était allé jusqu'au bout pour les randonnées pour ensuite s'arrêter partout sur le chemin du retour, on est passé par des petits détours où on a pu se prendre en photos devant d'énormes souches d'arbres déracinés, les séquoias sont quasiment immortels, ils vivent 2 à 3 000 ans et ce qui cause leur mort c'est le plus souvent une chute à cause du vent, d'un orage, ou tout simplement parce qu'ils sont devenus trop lourds. Une fois au sol, ils continuent à vivre quelques siècles. Ils sont tellement volumineux que c'est impossible de les déplacer, quand ils tombent sur un chemin ou une route il faut donc creuser un passage au milieu, d'où les célèbres tunnels.
Tout ça nous a mené jusqu'à la dernière attraction du coin, Morro Rock. Rien à voir avec Morro Bay, il s'agit toujours d'un énorme rocher qui culmine à plus de 2000 mètres, mais cette fois au milieu de la montagne. Il est peut être d'origine volcanique lui aussi, c'est à vérifier. Quoi qu'il en soit, on est monté tout en haut en prenant un petit escalier taillé dans la roche, pas toujours très rassurant, surtout pour les gens qui ont le mal de l'altitude comme moi (ça se déclare au dessus de 1000 ou 1500 mètres, les symptômes sont une forte nausée, une grosse migraine, du mal à respirer, plus trop de force dans les jambes). La vue en haut du rocher était magnifique, vue sur tout le parc et les chaînes de montagnes encore plus élevées au loin, qui culminent à plus de 4000 mètres (les plus hautes des USA si on exclue l'Alaska). On a aussi pu rendre visite en montant vers le rocher à l'arbre de Mymy, un arbre qu'elle avait photographié il y a 6 ans qui est plein de branches mais ne porte plus aucune feuille.
Le soir on s'est fait un barbecue au motel: un énorme bout de viande à l'américaine, avec des pommes de terre et un poivron en papillotes. C'était un régal mais on n'a pas pu rester dehors longtemps à cause d'un raz de marée de guêpes arrivées de nulle part. On a tout de même eu le temps d'admirer un coucher de soleil somptueux, le ciel avait une couleur magique, un bleu très particulier que je n'ai jamais vu ailleurs.
Je me suis vite remis du mal de l'altitude après cette journée de montagne et ça ne m'a plus gêné jusqu'à la fin du voyage.
Ce n'était pas à l'altitude qu'on allait s'attaquer le lendemain mais à une longue journée de route jusqu'à la Vallée de la Mort, sous une chaleur intense à la limite de ce qui est humainement supportable. Et encore, ça n'était rien comparé à ce qu'on allait vivre au cœur même de la Vallée.