Kikooboo en français ! Kikooboo in english !
  Dans ce carnet
  
 Prénom  Myrtille & Grégory  Nom  Bert
 Age  27  Minimessages  Envoyer un message
 But du voyage  Expatriation  Durée du séjour  indéfinie
 Date de départ  30/08/2006   Note: 4,9/5 - 20 vote(s).
 Description : Nous vivons en Angleterre, où nous enseignons le français aux petits anglais.

[ Diaporama ]

[ Diaporama Flash ]

[ Vidéos ]

[ Suivre ce carnet ]

[ Derniers commentaires ]

[ Le trajet de Myrtille & Grégory ]

[ Mes liens favoris ]


Le torrent de boue du Canyon voisin se mélange aux eaux turquoises de Havasu (16h)
Le torrent de boue du Canyon voisin se mélange aux eaux turquoises de Havasu (16h)

Prêt pour l'orage (système breveté par Mymy!)
Prêt pour l'orage (système breveté par Mymy!)
3 commentaire(s)

5h45, réfugiés au cimetière indien
5h45, réfugiés au cimetière indien

5h45, le torrent de boue qui dévale à côté du cimitière
5h45, le torrent de boue qui dévale à côté du cimitière

6h15, le torrent de boue vu du haut du Canyon
6h15, le torrent de boue vu du haut du Canyon

6h15 : les gens qui viennent d'escalader le Canyon après nous
6h15 : les gens qui viennent d'escalader le Canyon après nous

6h15 : une autre vue du torrent de boue
6h15 : une autre vue du torrent de boue

Havasu Falls à 6h15 (c'est plus pareil...)
Havasu Falls à 6h15 (c'est plus pareil...)
 Localisation : Royaume-Uni
 Date du message : 01/09/2008
 Diaporama des photos de ce message
Page précédente Page suivante Retour liste messages Imprimer
 Supai: Part 2.

Aux alentours de 14h30 les enfants du village ont commencé à tous sortir de l'eau précipitamment. On les a regardé un peu inquiet, puis on a suivi leur mouvement en se disant qu'ils connaissaient mieux les chutes que nous. Pourtant, il n'y avait que quelques nuages pas très impressionants, et un grondement sourd mais lointain. D'ailleurs la plupart des gens sont restés encore un moment dans l'eau. On s'est dit qu'on en avait déjà bien profité, et qu'on y retournerai après l'orage. 

Sous la tente, en maillot de bain, on écoutait les gouttes de pluie sur le toit de la tente en faisant la sieste pour récupérer de la marche du matin. L'orage n'était pas si fort finalement, et on est sorti de la tente rapidement. L'air était frais mais on hésitait à retourner aux chutes. Mymy était encore un peu vaseuse de sa sieste quand un Indien est passé en courant et en criant "flash flood flash flood dans une heure!". Il était 16h, l'inondation devait donc arriver à 17h. On est allé au bord des chutes faire quelques photos, il y avait pas mal de monde, plusieurs rumeurs commençaient à circuler. On nous disait que l'inondation allait commencer à 17h, d'autre disaient que ça serait fini à 17h. En effet on voyait déjà une rivière de boue venue d'un autre canyon, à gauche des chutes, rejoindre le cours d'eau turquoise qui venait lui aussi d'Havasu Falls et longeait le camping. Un ranger est arrivé en quad et nous a tout expliqué: il y allait y avoir 1 à 2 mètres de boue, et ça durerai jusqu'à 22h.

Après le dîner, l'orage est reparti de plus belle, et on est vite rentré se mettre à l'abri. La pluie tombait de plus en plus fort et le tonnerre grondait au dessus de nos têtes, on était bien content d'avoir tout bien rangé dans la tente lors des premières averses. Il allait bientôt faire nuit.

Difficile de trouver le sommeil alors que la rivière déchaînée ne semblait pas faiblir. Le ranger nous avait dit 22h, je me demandais combien de temps encore ça allait durer. Mymy dormait profondément à côté de moi, mais maintenant il commençait à y avoir de l'agitation en bas du camping, des gens circulaient à côté de la tente. Je me suis finalement endormi. Minuit et demi: on est tous les deux réveillés par des cris affolés qui viennent du bas du camping, et le bruit assourdissant de la rivière en crue devient effrayant. On entend des troncs d'arbres transportés par l'eau s'entrechoquer, entre eux, avec les rochers. Une première vague de migrants en provenance du bas du camping commence à s'établir autour de notre tente. Mymy sort de la tente, entame une conversation pour savoir s'il fallait qu'on parte. On la rassure en lui disant qu'on était en sécurité sur le High Ground, mais certains se tenaient près au cas où. Il faut préciser que le panneau "Réfugiez vous ici en cas d'inondations" se trouvait tout juste à côté de notre tente. On ne se faisait donc pas encore trop de soucis. Prévoyant, on a préféré tout de même faire du rangement: on a ramassé tout ce qui était dans la tente pour le mettre dans des sacs.

Plusieurs vagues successives ont suivi, ce qui de façon ambivalente nous rassurait et nous inquiétait en même temps. On se disait que s'il y avait autant de mouvement il y avait vraiment un problème, mais si les gens venaient là où on se trouvait, c'est que c'était un endroit sûr. Résultat, on continuait à somnoler tout en se préparant un peu plus à chaque fois qu'on entendait une nouvelle vague s'installer. Impossible de se rendormir complètement toutefois. Le bruit de la rivière, les conversations qui se tenaient dehors, les lampes torches pointées sur notre tente nous maintenaient éveillés. Certains se demandaient s'il y avait quelqu'un dans notre tente comme on ne remuait pas trop.

3 heures du matin, 2 gars viennent nous tenir au courant de la procédure à suivre. Benny, un guide très expérimenté, nous attribue des numéros, 53 et 54, nous explique qu'on est en sécurité pour le moment et qu'il ne faut surtout pas essayer de partir car on est coupé du monde: les ponts et les sentiers qui nous reliaient au village on été engloutis et totalement détruits. Il nous quitte en nous suggérant de nous rendormir. On se sent une fois de plus rassuré et inquiet, mais la dernière chose à laquelle on pense c'est à dormir.

Une heure plus tard, 4 heures du mat' pour ce qui suivent toujours, des gens commencent à monter en nombre conséquent sur le High Ground, puis c'est Benny qui passe en criant "l'eau monte, on part maintenant, allez vite!". En sortant de la tente on se trouve nez à nez avec une fille en pyjama qui nous qu'un autre type nous conseillait plutôt de rester, qu'on ne risquait rien à cet endroit. Un peu confus, il a fallu pour nous faire bouger que Benny revienne en criant "laissez vraiment tout ce que vous avez et partez maintenant!". Comme on s'était préparé petit à petit, il ne nous restait qu'à sauter dans nos chaussures, avec nos vêtements par dessus nos pyjamas, et à prendre les sacs de randonnée sur le dos. Puis, les sacs de couchage et le plaid roulés en boule sous un bras, on a soulevé la tente qu'on avait libéré de ses sardines pendant que la fille en pyjama nous disait de ne pas nous inquiéter, et on l'a porté d'une main sans même la plier. Je vous laisse imaginer notre allure alors qu'on devait dans un premier temps sortir du camping par dessus les barbelés avec la tente à bout de bras, puis remonter une pente plutôt accidentée, pour aller se réfugier dans le plus haut de tous les High Grounds, sans savoir où on mettait les pieds, le bruit de la rivière déchaînée en fond sonore, éclairé timidement par nos lampes frontales.

On est resté là jusqu'à ce que le soleil commence à se lever, vers 5h30. La plupart s'étaient rendormis sur leur sacs de couchage, mais on a préféré démonter la tente et ranger nos affaires au mieux pour être plus mobile. Au lever du soleil, on a pu voir l'eau tout près, ce qui ne nous a pas rassuré. On était censé attendre des hélicoptères mais finalement l'eau montait vraiment trop vite selon les Indiens, et on nous a conduit vers une falaise. Il a fallu escalader avec tout notre chargement pour cette fois prendre vraiment de la hauteur et être en sécurité. En regardant en bas on a vu que le High Ground où on venait de passer plusieurs heures était un cimetière indien.

Ce n'est qu'en haut de cette falaise qu'on a commencé à se sentir en sécurité, même si il était difficile de s'imaginer par où et encore moins quand on allait s'en sortir. Mais l'ambiance qui régnait au sein du groupe était tellement bonne, les gens s'entraidaient tellement que ça nous donnait la force de continuer. Un Indien de Supai nous a guidé par un chemin secret jusqu'au village, à travers des rivières de boue et au bord de la falaise. On est passé par les champs et les jardins des villageois par dessus des barbelés, et après une longue et épuisante marche on est enfin arrivé au village.

Il était huit heures du matin.

Note: 0/5 - 0 vote(s).

Précédent - Suivant - Retour à la liste des messages

Par mamangreg

le 01/09/2008 à 23:21:17

quelle nuit!!on imagine bien la scène,c'est impressionant!heureusement tout se termine bien! ouf!!
gros bisous

Répondre à ce commentaire

Par Jade

le 02/09/2008 à 11:22:10

... J'ai peur.

Répondre à ce commentaire

Laisser un commentaire


6h15 : Grégou qui vient d'escalader le Canyon
6h15 : Grégou qui vient d'escalader le Canyon
Kikooboo.com (Carnet de voyage / blog gratuit et Assistant de voyage) recommande Get Firefox! Australia-australie.com Portail consacré à l'Australie
 Publicité : pub-wwfpub-greenpeacepub-amnesty
E australie